ATSEM : ces professionnels qui veulent sortir de l’ombre.


LES ATSEM (AGENTS TERRITORIAUX SPÉCIALISÉS DES ÉCOLES MATERNELLES), PILIERS DE L’ACCUEIL DE NOS ENFANTS EN MATERNELLE, N’ONT QUE PEU DE RECONNAISSANCES LÉGALES FACE AUX RESPONSABILITÉS QU’ILS ACCEPTENT.


Créés en 1992, leur statut n’a depuis pas évolué. Ce qui n’est pas le cas de leurs qualifications (le CAP Petite Enfance est devenu obligatoire) ou de leurs responsabilités, diverses et variées, qui doivent s’adapter aux réalités du terrain. Peu de métiers de l’éducation demandent autant de polyvalence : entretien des locaux, accueil des enfants, soins des moins de 3 ans, repas, activités, travaux manuels... Des piliers, au même titre que les enseignants, qui veillent chaque jour au bon accueil des petits. A cette multitude de tâches se sont ajoutés les TAP (Temps d’Activités Périscolaires) et leur encadrement (selon les communes). Un salaire mensuel de 1226€, des attentes toujours plus nombreuses et une reconnaissance qui ne suit pas... Cela les a poussé à décider de deux grèves, dont la dernière ce 1er février 2017. Leurs revendications étaient très simples : une évolution du cadre légal régissant leur profession et une revalorisation de leur salaire.

Les choses tendent à évoluer, pour les ATSEM comme pour tous les autres professionnels de l’éducation : à nous de faire en sorte qu’elles le fassent dans le bon sens ! Chez Éveil & Coton, nous nous engageons chaque jour dans ce sens. Ce Magazine en est l’incarnation « papier » : réfléchissons et construisons ensemble. C’est donc tout naturellement que nous avons donné la parole aux ATSEM quand le Collectif des ATSEM de France nous a contacté.

Carole : « Le métier d’ATSEM est placé sous deux hiérarchies : celle du maire qui nous emploie sur le temps hors scolaire et celle de la directrice de l’école sur le temps scolaire. S’ajoute à cela la relation avec l’enseignant(e), avec laquelle nous travaillons. Nous devons être complémentaires, puisque nous assistons l’enseignant(e). Avec la nouvelle réforme des rythmes scolaires, nous sommes amenées à faire les TAP. Le plan vigipirate nous rajoute également une charge de travail supplémentaire. Mais les enfants et leur sécurité sont notre priorité par rapport à tout le reste du travail. »


Nathalie : « Qu'est-ce que j'aime dans ce métier? La relation aux enfants, bien-sûr ! Mais tout l'aspect pédagogique que nous partageons avec les enseignants aussi. Ce que je n'aime pas ? Les TAP le soir. Notre journée est déjà bien chargée. C'est le moment de trop pour nous. Mais nous n'avons pas le choix : la commune n'a pas les moyens d'avoir plus d'animateurs. Je peux également ajouter à toutes ces missions celle de maître d'apprentissage. Depuis 8 ans, chaque année, j'accueille à mes côtés un jeune en apprentissage afin de se former au métier d'ATSEM et d'obtenir son cap Petite Enfance. J’ai participé au mouvement de grève, pourquoi? Parce que je crois en notre métier, je veux continuer à me battre pour la reconnaissance de son importance, du rôle éducatif et pédagogique que nous avons auprès des enfants. Je veux que l'on éclaircisse nos fonctions : de plus en plus de tâches nous incombent. Nous courons toute la journée pour satisfaire chacun. Je le fais avec plaisir, mais l'épuisement est là. Nous avons besoin d'une vraie reconnaissance, d’un statut valable pour toutes, de Marseille à Navarre. Les ATSEM n'ont pas les mêmes conditions de travail, le même salaire ou la même reconnaissance dans les différentes régions de France, de la part des collectivités, des parents ou des enseignants. »

Gaëlle : « Les ATSEM aujourd'hui demandent surtout la reconnaissance de leur travail, que chaque acteur de l'école maternelle intègre le rôle essentiel qu'elles ont et l’importance de leur présence. On ressent encore en 2017 une différence sociale entre les enseignants et les accompagnants que nous sommes. Tout le monde réclame notre présence permanente mais personne ne l'écrit, ne le dit, ne l'affirme. Les inspections académiques nous ignorent, les enseignants se comportent souvent comme des supérieurs hiérarchiques alors qu'ils ne le sont pas, les directeurs nous considèrent souvent comme des bonnes à tout faire et les mairies qui nous emploient ne reconnaissent pas nos compétences. L'accueil des petits bouts de deux ans et demi questionne également sur les compétences demandées, les soins particuliers, les changes, l’apprentissage de l'autonomie, de la propreté, du langage... C'est un accueil spécifique et nous réclamons des moyens spécifiques pour ces petits, car croyez-moi, 28 enfants de toute petite section à deux, ce n'est pas facile. Je suis fière de faire ce métier et de le faire découvrir à tous. C'est un métier essentiel pour le bien-être des enfants de l'école maternelle, défendons-le. »

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