Ce que nous pensons savoir du portage en collectivité.


LORS DE MES FORMATIONS OU DE MES PRÉSENTATIONS SUR LE PORTAGE EN COLLECTIVITÉ, JE RETROUVE SOUVENT LES MÊMES INQUIÉTUDES, LES MÊMES QUESTIONNEMENTS. DES PARENTS MAIS SURTOUT DES PROFESSIONNELS DE L’ENFANCE.

Tout d’abord, remettons les choses dans leurs contextes : le bébé arrive souvent à la crèche ou sur son lieu de garde à partir de 3 mois. A cet âge, le cerveau de l’enfant n’est pas encore mature. Il pleure pour ce faire entendre et pour que l’on réponde à ses besoins. Il ne fait pas de « caprices », et ne prend pas de mauvaises habitudes. Cet article n’a pas pour objectif de fixer des règles à suivre, mais seulement à faire réfléchir sur le portage en collectivité.


VRAI OU FAUX ?

Le portage est un acte intime réservé aux parents. Oui, c’est le rôle du parent de materner, de câliner et de faire des bisous. Mais notre rôle en tant que professionnel est aussi de répondre aux besoins de l’enfant, en l’absence de ses parents. L’enfant peut ressentir le besoin d’être porté en collectivité également. A nous, professionnels, de choisir en formation et en équipe un outil adapté. Si le professionnel est clair avec ce qu’il fait, il crée un portage différent des parents. Il le réfléchit dans un esprit de complémentarité, et non de substitution.

Le portage provoque des douleurs dorsales pour le porteur. FAUX : Si le porteur porte bien l’enfant, il n’y a pas de douleurs. Si des douleurs apparaissent, il faut réajuster le moyen de portage, et, bien-sûr, consulter un médecin. Par contre, à bras, des tensions peuvent apparaître.

Le portage favorise les jambes « arquées » chez l’enfant. FAUX : Le portage avec un outil adapté est physiologique : c’est à dire qu’il donne une position naturelle à l’enfant.

Le portage est dangereux. VRAI et FAUX : Attention ! Le portage peut être dangereux si les règles de sécurité ne sont pas respectées. D’où l’importance de se faire former.

Pas la peine de porter, nous avons investis dans de magnifiques transats et balancelles. FAUX : nous ne retrouvons pas tous les bienfaits du portage dans les transats ou les balancelles.

En crèche, le portage ne va pas avec l’apprentissage de la séparation. FAUX : J’aime cette citation de Bernard Gosle : « Pour bien se détacher, l’enfant doit savoir bien s’attacher ». Le portage rassure, et répond à des besoins de sécurité affective. La séparation s’induit autrement, et d’autant plus facilement si les besoins de l’enfants sont respectés.

Si je porte un enfant sur mon dos, je lui apporte moins d’attention. FAUX : Comme pour tout portage, et même tout acte envers l’enfant, il faut se sentir à l’aise. L’enfant s’imprègne de notre ressenti autant que de nos intentions. Ceci étant dit, en portage à dos, l’interaction peut très bien se créer, selon notre manière de l’investir.

Doit-on forcément parler du portage aux parents, s’il est pratiqué en collectivité ? Il me semble important de pouvoir répondre aux questions des parents. La manière de le présenter doit dépendre du projet d’établissement et d’une réflexion d’équipe : réunions, affichages, discussions...

Si un enfant est beaucoup porté sur son lieu d’accueil, il va confondre le professionnel avec ses parents. FAUX : Un enfant fait toujours la différence entre le professionnel et ses parents. Pour le portage ou tout acte de maternage, et cela pour des raisons très variées : odeurs, sensations, sentiments...

Mieux vaut laisser un enfant pleurer que de le porter, en collectivité. FAUX : Les pleurs engendrent du stress. Et même un très grand stress, incompréhensible pour le bébé. Les dernières études montrent même des méfaits conséquents sur le cerveau. Cependant, le portage ne doit pas être une réponse automatique pour faire taire l’enfant. C’est un outil parmi d’autres, à réfléchir et adapter selon les situations et les enfants.

Le portage créer du lien avec l’enfant porté. Il faut garder une distance. VRAI : Le portage aide à créer du lien avec l’enfant. Aux professionnels de respecter la distance professionnelle qui s’impose. Porter un enfant ne signifie pas qu’il ne s’attachera qu’à son porteur. L’enfant est capable de créer plusieurs liens sécurisants, différents et complémentaires. Je rappelle l’importance de l’attachement du jeune enfant : c’est ce qui lui apporte la sécurité affective. C’est un besoin primaire, qui doit être respecté en collectivité.

Solange GROPPOSO Auxiliaire de puériculture, monitrice de portage des bébés, formatrice pour les professionnels de l’enfance. Formations et ateliers disponibles dans le Loiret et en Savoie.

www.solangeporter.fr

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