Professionnels de la Petite Enfance : ce qu'il ne faudrait jamais dire ou faire.


Etre professionnel de la Petite Enfance, c'est un positionnement de chaque instant (de travail). Et ce n'est pas une sinécure ! Cela demande autant de connaissances de l'Enfant que de connaissances de soi.

Pourtant, nous sommes tous humains, et l'erreur n'est-elle pas humaine ?

Faisons le point sur ce que nous sommes tous capables de dire ou de faire un jour.


1. Dire "Ton dessin est beau" à un enfant (ou "tu es gentil", etc).

Poser une telle affirmation, positive ou négative, cela revient à émettre un jugement personnel. Le rôle d'un professionnel de la Petite Enfance (et plus largement de l'Education) n'est évidemment pas de juger l'enfant, mais de l'accompagner dans son évolution propre et naturelle.

Il faut préférer des phrases comme : "J'ai vu que tu t'es beaucoup appliqué(e) pour ce dessin !".

Et si vous souhaitez donner votre avis personnel, il suffit de préciser "je pense", "je trouve", etc.

Cette distinction permet de pas donner l'impression à l'enfant que l'avis qu'il reçoit est universel.


2. Dire "Votre enfant est adorable", "a été sage" ou "a été turbulent" à un parent.

Passez-moi l'expression, mais ça leur fait de belles jambes, à Papa/Maman, que Mini-Eux a été "sage". Cela ne veut rien dire, quand on parle d'une journée.

Quels moments / événements ont suscité quels comportements / réactions chez l'enfant, ça, c'est instructif pour tout le monde.


Pareillement, c'est quoi, être "turbulent" ? Toute la journée ?

Qu'importe le superlatif que l'on utilise, le contexte est primordial.

La pire des transmissions faite à un parent : "X a été turbulent. Il a fait 2 fois caca et 3 fois pipi".


"Votre enfant est adorable"... Ce n'est clairement pas une observation professionnelle ! Qu'est-ce qu'être adorable ? Etre calme et n'embêter personne ? Ce n'est encore qu'un jugement subjectif, loin de tout professionnalisme.


3. Faire des activités créatives à la place des enfants (et dire que ce sont eux qui les ont faites...).

En cette période de préparation des fêtes de fin d'année, on voit fleurir partout sur Facebook et autres réseaux sociaux de magnifiques photos de créations "faites par" les enfants...

En ce qui me concerne, je ne suis pas contre "faire AVEC" les enfants (alors que certains puristes ne mettraient jamais un coup de crayon). Mais il y a une immense différence entre "faire avec" et "faire à la place".

Déjà, il ne faut pas prendre les parents pour des truffes (au chocolat, si déjà...). Ils connaissent leurs rejetons bien mieux que nous, et ils ne seront jamais dupes.

Ensuite, et surtout, quel sens cela a-t-il pour les enfants ? A part de leur faire comprendre que leur travail n'est pas aussi valorisé et valorisable que celui de l'adulte... ?

Oui, bien évidemment, l'imperfection est de mise avec les enfants. Et ce sont leurs imperfections d'apprentissage qui donnent envie aux parents de recevoir des babioles en crépon. Pas nos grands talents d'artistes refoulés. Qu'on se le dise une fois pour toute.

Mais c'est tentant, hein, de gribouiller avec eux...! Alors, prenons feuilles et crayons nous aussi.

Et si cela vous comble que d'offrir vos créations aux parents : faites-le ! Mais en assumant vos œuvres !


4. Parler de ses parents devant un enfant.

Ou de tout autre proche. C'est foncièrement irrespectueux. Nous ne le ferions jamais si l'enfant était adulte.

Je suis une grande adepte de "il ne faut pas faire aux autres ce qu'on n'aimerait pas qu'ils nous fassent", aussi bien avec les enfants qu'avec les adultes.


5. Parler de l'enfant en sa présence sans l'inclure dans la discussion.

Encore une chose que nous ne nous permettrions pas si l'enfant était adulte.

Pour apprendre le respect aux enfants, ne faut-il pas d'abord être respectueux nous-mêmes ?


6. Juger l'hygiène d'un enfant (ou d'un adulte !).

L'hygiène, c'est un rapport au corps (et à bien d'autres sujets) propre à chacun (petit jeu de mot...). Ce qui est "sale" pour l'un ne l'est pas pour l'autre.

Alors, à moins de négligences avérées (et cela ne concerne pas les tâches sur les vêtements ou les ongles longs...), on garde son jugement pour soi.

Et si ce jugement doit absolument sortir, qu'il ne le soit surtout pas devant l'enfant.

Logique, me direz-vous ? C'est pourtant une observation courante que j'ai faite.


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